2661 — Lisa et son nouvel ami Descartes —lundi 28 septembre 2026
2661 — Lisa et son nouvel ami Descartes —lundi 28 septembre 2026
VOS OREILLES EN MISSION
Avant l’écoute, vous pouvez donner à vos oreilles la mission suivante. Il y a dans cet épisode au vocabulaire assez simple, des temps verbaux à remarquer : imparfait du subjonctif, plus-que-parfait, subjonctif présent. À vous de remarquer ces temps !
Pourquoi c’est utile ? Eh bien, on peut comprendre le sens général, mais passer un peu vite sur les temps spécifiques, or les remarquer c’est déjà beaucoup. Une fois qu’on les a remarqués, on peut se demander « pourquoi » : pourquoi un subjonctif ici, pourquoi le plus-que-parfait ? On remonte à la source, ce qui a déclenché l’utilisation de ce temps verbal qui change du présent, de l’imparfait ou du passé composé.
Une fois qu’on a remarqué et compris, on va de plus en plus remarquer et comprendre. Et alors, là, on peut se lancer la fois suivante et les utiliser !
Ecouter l’épisode :
Vendredi soir, je suis rentrée à la maison et sur le chemin j’ai tout à coup pensé qu’il fallait que nous demandions l’aménagement pour le bac de Lisa. Étant dyslexique, elle a droit à un temps supplémentaire pour les épreuves, à condition d’en faire la demande et de fournir mille documents, rapports, etc.
La demande d’aménagement, nous l’avions faite l’année dernière, mais il faut la refaire cette année aussi.
— Non, maman, pas de stress : la plateforme n’est pas encore ouverte. Elle n’ouvre que le 29 septembre, m’a répondu Lisa quand je lui ai dit « Lisa, on va le faire ce soir, sinon je vais oublier ».
Par contre, a-t-elle ajouté, il faut remplir un document pour s’inscrire au bac. Il faut fournir la preuve du recensement. Lisa me tendait un truc écrit tout petit sur son téléphone.
Pietro est arrivé à ce moment-là et on s’est regardé avec la même interrogation : avions-nous fait le recensement de Lisa ?
— Je crois me souvenir que c’est toi qui l’as fait, ai-je dit à Pietro.
— Ça ne me dit rien du tout, a-t-il répondu.
— Si, ça me dit quelque chose. De toute façon, le document doit être sur ton ordinateur.
Nous avons cherché et nous avons trouvé celui de Felicia, mais rien pour Lisa.
J’ai cherché sur mon ordinateur, rien non plus.
— Le nouveau Spotlight est nul, ai-je dit légèrement énervée et un peu stressée à l’idée de devoir obtenir le document en urgence.
J’ai fait une recherche sur Internet pour savoir comment le récupérer dans le cas où nous l’avions fait. Après tout, c’est un PDF. Il était peut-être arrivé en pièce jointe d’un email. Effectivement, en nous connectant au site Internet des Services publics, nous devions pouvoir le récupérer. Je n’étais pas certaine que nous ayons un compte, mais j’ai tenté. C’est facile de se connecter aux différentes administrations grâce à son numéro de sécurité sociale, son numéro fiscal ou bien grâce à un service qui s’appelle l’Identité numérique. Alors, première surprise, oui, nous avions un compte, deuxième surprise sous l’onglet « mes documents », j’ai retrouvé le certificat de recensement de Lisa.
— Ouf, avons-nous dit Pietro et moi.
Nous étions soulagés, car nous étions hors de la zone de turbulences administratives, nous étions à nouveau des parents responsables et organisés, nous étions des parents qui avaient pensé à faire le recensement de leur troisième fille en temps et en heure. On avait juste oublié qu’on l’avait fait.
— C’est bon Lisa, tu as tout ce qu’il faut, ai-je dit. On peut t’inscrire.
— Donc, tout le monde sait que j’existe et je ne peux pas échapper au bac, ni à la JDC ?
— Oui, c’est ça. Tu vas bien devoir passer ton bac et aller à la JDC.
Lisa a souri.
— Oui, enfin, comme dit Descartes « je doute » et si je doute, eh bien, ce n’est pas vrai ! Donc, j’y vais pas ! Finalement, la philo, ça me plaît bien. Il dit des choses intéressantes ce Descartes.
VOS OREILLES EN MISSION
Avant l’écoute, vous pouvez donner à vos oreilles la mission suivante. Il y a dans cet épisode au vocabulaire assez simple, des temps verbaux à remarquer : imparfait du subjonctif, plus-que-parfait, subjonctif présent. À vous de remarquer ces temps !
Pourquoi c’est utile ? Eh bien, on peut comprendre le sens général, mais passer un peu vite sur les temps spécifiques, or les remarquer c’est déjà beaucoup. Une fois qu’on les a remarqués, on peut se demander « pourquoi » : pourquoi un subjonctif ici, pourquoi le plus-que-parfait ? On remonte à la source, ce qui a déclenché l’utilisation de ce temps verbal qui change du présent, de l’imparfait ou du passé composé.
Une fois qu’on a remarqué et compris, on va de plus en plus remarquer et comprendre. Et alors, là, on peut se lancer la fois suivante et les utiliser !
REPÈRES
Le bac : c’est le baccalauréat, l’examen que l’on passe à la fin du lycée et qui permet de s’inscrire à l’université.
Le recensement :
En France, quand on a 16 ans, on doit se faire recenser. Concrètement, on va à la mairie, ou sur Internet, et on déclare simplement : « J’existe, j’ai 16 ans, j’habite ici. » C’est obligatoire, pour les garçons comme pour les filles.
En échange, on reçoit l’attestation de recensement. Comme vous l’avez compris dans cet épisode, ce document est très important, parce que sans lui on ne peut pas s’inscrire au bac, ni au permis de conduire.
La JDC :
Quelques mois plus tard, on est convoqué à la JDC, la Journée défense et citoyenneté. C’est une journée où on découvre l’armée, les institutions, les premiers secours… et on passe aussi un petit test de lecture. Et à 18 ans : on est inscrit automatiquement sur les listes électorales pour voter, sans aucune autre démarche.
Pourquoi l’État a-t-il besoin de savoir où sont tous les jeunes de 16 ans ? La réponse est historique. Pendant très longtemps, en France, les jeunes hommes devaient faire leur service militaire. En 1997, on l’a suspendu (pas supprimé). En cas de guerre, l’État pourrait le rétablir. Et grâce au recensement, il saurait exactement qui appeler, et où le trouver.
Le recensement a aussi d’autres avantages pour l’État : il lui permet de repérer, pendant la JDC, les jeunes qui ont du mal à lire et de les aider, et c’est aussi une belle occasion pour l’armée de recruter.
Sur un Mac, Spotlight est l'outil de recherche.
La « philo » c’est le cours de philosophie que suivent les élèves de Terminale au lycée. C’est aussi une des épreuves du bac.
René Descartes (1596-1650) est un philosophe et mathématicien français. Il est célèbre pour sa phrase « Je pense, donc je suis ». Même s'il doute de tout, une chose est sûre pour lui : s'il doute, c'est qu'il pense, donc il existe. Dans son livre Discours de la méthode (1637), il propose de raisonner avec ordre et logique. C'est pour ça qu'on dit d'une personne très rationnelle qu'elle est « cartésienne ».
L’EXPRESSION
Je me suis amusée à utiliser l’expression « en temps et en heure » qui va tellement bien avec notre rôle de parents parfaits ! L’expression veut dire « dans les délais prévus, au bon moment ». On l’utilise surtout pour des obligations, des échéances ou des livraisons, souvent avec l’idée d’avoir été sérieux ou fiable.
— Ne t’inquiète pas, tu recevras le dossier en temps et en heure.
— Cette année, j’ai payé mes impôts en temps et en heure. Je n’aurai pas de pénalité.
— Le colis est arrivé en temps et en heure, parfait pour l’anniversaire de ma fille.
VOS OREILLES EN MISSION — CORRIGÉ
Le plus-que-parfait (le "passé du passé")
Le récit se déroule un vendredi soir, mais plusieurs actions évoquées se sont déroulées avant ce vendredi soir — d'où ce recul supplémentaire dans le passé :
— avions-nous fait le recensement de Lisa ?
— nous l'avions faite l'année dernière (la demande d'aménagement)
— on avait juste oublié qu'on l'avait fait
Le subjonctif présent
Deux déclencheurs différents, mais tous les deux liés à l'incertitude ou à la nécessité :
— Il fallait que nous demandions l’aménagement
« il fallait que" est un déclencheur classique du subjonctif. C’est « il faut que » à l’imparfait.
— Je n'étais pas certaine que nous ayons un compte
Ici, c'est la négation qui fait basculer la phrase : "je suis certaine que" est suivi de l'indicatif, mais "je ne suis pas certaine que" bascule vers le subjonctif, car on n'affirme plus un fait, on exprime un doute.
Le possible imparfait du subjonctif
"il fallait que" devrait entraîner un imparfait du subjonctif : "il fallait que nous demandassions". Cependant, plus personne ne parle ainsi aujourd'hui : à l'oral, on a abandonné cette concordance des temps un peu compliquée et on utilise simplement le subjonctif présent à sa place.
