2660 — Passer un cap en français : les conseils de Dylan — jeudi 24 septembre 2026
Ecouter l'épisode : https://onethinginafrenchday.podbean.com/e/passer-un-cap-en-francais-les-conseils-de-dylan-%e2%80%94-how-to-go-from-b2-to-c1/
Questions avant l’écoute :
Ces questions sont réparties sur la longueur de l’épisode. Tenez-vous prêt à capturer la réponse grâce à votre écoute ! Être à l’affût rend votre écoute plus efficace.
1. Selon Dylan, faut-il être tout le temps « très scolaire » pour progresser en français ?
2. Quels verbes Dylan utilise-t-il pour décrire sa méthode d’apprentissage (imiter, répéter…) ?
3. Quelle capacité, selon Dylan, distingue les humains des animaux qui communiquent également entre eux ?
4. Quel est le dernier conseil de Dylan à propos des sujets sur lesquels apprendre du vocabulaire ?
— Je pense que ce que vous avez décrit, c’est très naturel : des moments où on est à fond et des moments où on est plus relax. En fait, ça veut pas dire qu’on travaille pas si on lit, si on se confronte à la langue un peu tous les jours. On n’a pas besoin d’être tout le temps très scolaire. Qu’est-ce que vous donneriez vous comme conseil ? Comment est-ce qu’on passe d’un niveau B1/B2 à un niveau C1 ?
— Oui, il faut savoir que ça prend énormément de temps. c’est pas à la fin d’un cours qu’on va passer tout de suite d’un niveau B2 à un niveau C1. Il faut être patient, il faut faire un tout petit peu tous les jours, mais ce qui m’a beaucoup aidé moi c’était d’imiter ce que j’entendais, de répéter ce que je lisais, de réécrire d’utiliser moi-même tout ce que j’ai pu comprendre parce que je pense que c’est à ce moment-là où on peut passer d’un niveau à un autre.
— En s’appropriant, la façon de parler ou la syntaxe.
— C’est ça, pour avoir l’habitude d’employer certaines expressions, certains temps verbaux, certaines structures. c’est une question d’habitude et de réflexe à un certain point. et donc tant qu’on peut répéter ce qu’on entend, parler à soi-même, ça m’a beaucoup aidé. Utiliser les mots qu’on note dans les carnets pour pas les oublier et pour avoir un contexte dans lequel on pourrait les utiliser dans une vraie discussion et surtout être patient, je dirais.
— Le cerveau fait bien le travail, mais il a besoin d’un peu de temps.
— Mais c’est comme vous l’avez dit, il faut faire confiance à nos cerveaux et à notre capacité humaine à comprendre les langues. C’est ce que je dis tout le temps à mes étudiants. Quand ils me disent par exemple qu’ils sont « nuls en langue », je leur dis, il y a personne qui est nul en langue, sauf bien sûr des cas assez extrêmes ou particuliers, bien sûr. Mais c’est ce qui nous définit en tant qu’être humain c’est le fait qu’on parle. Il y a un de mes professeurs qui le disait l’autre jour : c’est non seulement le fait d’apprendre les langues, mais de pouvoir apprendre la langue des autres. Parce que c’est vrai qu’il y a plein d’animaux qui parlent… enfin, qui communiquent. C’est vrai qu’on a des notions plus développées et plus abstraites que les chats, par exemple, mais il y a des oiseaux qui ont des langues, il y a les baleines, mais il n’y a que nous qui ont la capacité de se décentrer et d’apprendre la langue de l’autre. Et donc, oui, effectivement je dois saluer et remercier mon professeur et le philosophe Souleymane Bachir Diagne qui écrit beaucoup sur ces questions de langue, de traduction de décentrement par la langue et de l’universel humain vers lequel tout cela nous mène. Après, si on peut vivre dans le pays, ça aide beaucoup. Donc, c’est sûr que je parlais pas comme ça quand j’étais arrivé, mais ça prend du temps.
— Je vous remercie pour ces conseils. Vous vouliez ajouter autre chose, comme conseil, pour les auditeurs ?
— Surtout de continuer. C’est vrai que de plus en plus, on a l’impression de pas avoir besoin d’apprendre des langues. Après, vos auditeurs j’imagine que ce sont des gens qui sont passionnés par l’apprentissage…
— Je pense par la sensation, peut-être. Je me demande si c’est tellement l’apprentissage. J’ai l’impression que, je me trompe peut-être, chers auditeurs, mais que c’est… il y a un intérêt culturel, il y a un intérêt d’ouverture, de penser dans une autre langue aussi. Je trouve que c’est extrêmement satisfaisant aussi de comprendre une autre langue, de voir finalement comme vous disiez tout à l’heure qu’on est tous humains, mais qu’on a différentes manières de l’exprimer. Souvent, je dis aux auditeurs que, justement pour éviter de se noyer, des fois c’est bien de savoir remarquer quelque chose, mais ça ne veut pas dire qu’on a besoin de l’utiliser, je pense. C’est une remarque que je fais régulièrement à propos du passé simple : à l’oral, on utilise très peu le passé simple, on l’utilise plus naturellement à l’écrit. moi, ça vient naturellement. Des fois, c’est parce qu’on me dit « mais pourquoi vous avez mis un passé simple ici ? ». Des fois, c’est simplement parce que c’est plus pratique. C’est plus court qu’un passé composé, c’est plus joli, la phrase est plus simple à dire avec un passé simple. Je pense à une phrase récemment, je me souviens plus laquelle, mais on m’a posé la question. Je pense que le passé simple, on n’a pas besoin de connaître les temps du passé simple, mais de savoir les remarquer de se dire « ah oui là c’est un passé simple » ou « ah oui là c’est un subjonctif ». Je pense que, par exemple, pour l’usage du subjonctif après on peut s’amuser à se lancer le défi d’utiliser le subjonctif. Mais je suis d’accord avec vous, des fois, remarquer une variante, ça vaut juste pour la remarque et ça ne veut pas dire qu’on a besoin de s’encombrer avec beaucoup de choses à prendre par cœur.
— Et c’est peut-être ça le dernier conseil que je donnerais aux auditeurs et aux auditrices : quand on parle des niveaux, le plus important c’est d’avoir un niveau B1, B2, C1, C2 dans les domaines qui nous intéressent et sur les sujets qui nous passionnent. On n’est pas obligé d’apprendre par cœur des listes de mots sur un sujet qui au final ne nous passionne pas et dont on ne va jamais parler dans la vie quotidienne. Par contre, si on va chercher des ressources qui nous intéressent et c’est ce que je dis souvent aux étudiants : on aura envie d’apprendre non seulement pour les mots et la grammaire, mais pour savoir ce qu’ils racontent sur un sujet.
— Et d’ailleurs, ça va assez vite. Je trouve que quand on s’intéresse à un sujet, de toute façon les mots reviennent et on les retient, on sait que ça c’est ça ou alors on se dit « tiens j’ai remarqué ça, qu’est-ce que c’est dans ma langue maternelle » et du coup on retient beaucoup plus facilement.
— Et ça vient assez naturellement.
— Et on peut développer une curiosité en français qu’on n’aurait pas forcément dans sa langue maternelle pour un sujet, pour un personnage historique, pour un lieu, pour une peinture ou transposer en français une passion qu’on a pour les sports automobiles. Il y a tout un langage que, nous, on utilise donc c’est toujours intéressant de découvrir comment on parle de sa passion dans une autre langue.
— Absolument.
— Je suis d’accord avec vous, c’est un excellent conseil. Écoutez Dylan, je vous remercie beaucoup pour cette rencontre, c’était très, très intéressant, je suis sûre que les auditeurs du podcast vont être hyper heureux de vous entendre. On vous souhaite une bonne continuation avec le français, avec la France que ce soit pour longtemps ou dans longtemps, en tout cas on sait que vous reviendrez.
— Merci beaucoup, Laetitia, c’est moi qui vous remercie. Ce fut un plaisir, pour employer le fameux passé simple, mais c’était vraiment avec plaisir d’échanger, de réfléchir à toutes ces questions et de pouvoir partager mon parcours avec vos auditeurs.
REPÈRES
Souleymane Bachir Diagne, le philosophe dont parle Dylan a sa page Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Souleymane_Bachir_Diagne
Liste des conseils
— Il est naturel d'alterner entre moments intenses et moments plus relax : ce n'est pas grave de ne pas être "à fond" tout le temps.
— Passer de B1/B2 à C1 prend du temps : il faut être patient.
— Imiter ce qu'on entend, répéter ce qu'on lit, réécrire, utiliser ce qu'on a compris.
— S’approprier une structure ou une expression par habitude et réflexe, en se répétant les choses, même seul à voix haute.
— Noter dans un carnet, pour ne pas oublier et avoir un contexte réel d'utilisation.
— Faire confiance à sa capacité humaine à apprendre une langue — "personne n'est nul en langues".
— Continuer, ne pas abandonner, même quand on a l'impression que ça devient moins nécessaire d'apprendre des langues.
— Ne pas chercher à mémoriser toutes les conjugaisons (passé simple, subjonctif) : apprendre à les repérer suffit.
— Se concentrer sur les domaines et sujets qui nous passionnent plutôt que sur des listes de vocabulaire générales.
